Comprendre les différences entre la TLMR et l'EMDR
Deux approches thérapeutiques, deux philosophies, une question : quelle est la différence réelle ?
Vous cherchez des informations sur la TLMR et vous tombez sur l'EMDR. Puis vous lisez que la TLMR s'inspire notamment de l'EMDR. La question arrive rapidement : « Quelle est la différence exactement ? » Bonne question. La TLMR n'est pas une nouvelle version de l'EMDR. L'EMDR n'est pas non plus une sorte de TLMR avec des mouvements oculaires. Les deux approches ont des histoires, des références et des façons de travailler différentes.
La TLMR : quand la relation devient le cœur du travail
Le Dr Éric Bardot, psychiatre et pédopsychiatre, a développé la TLMR – Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels après plusieurs décennies de pratique clinique. Cette approche met l'accent sur le lien, l'expérience vécue et les mondes relationnels.
Le point de départ est simple : une personne ne souffre jamais complètement seule. Autrement dit, la souffrance s'inscrit toujours dans une histoire et un contexte.
Lorsqu'elle consulte pour une anxiété, une phobie, une difficulté relationnelle ou un trauma, le problème s'inscrit donc dans une histoire. Des relations le structurent. Par ailleurs, une manière de percevoir le monde et de se percevoir soi-même peut entretenir la souffrance.
Quand le symptôme cache plusieurs histoires
Jamais le symptôme n'arrive avec son mode d'emploi.
Une crise d'angoisse peut découler de ce que la personne vit actuellement. Parfois, elle vient d'un événement ancien. Ailleurs, elle naît de la façon dont la personne tente de contrôler ce qui lui fait peur. Souvent, ses relations, son environnement ou la représentation qu'elle s'est construite d'elle-même participent à la souffrance.
Par ailleurs, la TLMR s'intéresse à l'ensemble du système dans lequel la souffrance prend place.
L'Institut Mimethys décrit cette approche comme relationnelle, notamment centrée sur le lien, l'expérience vécue et les processus du vivant.
Une idée qui change beaucoup de choses : nous sommes des êtres de relation
On aime croire qu'on est d'abord des individus autonomes.
Chacun dans son coin. Ensuite, on rencontre les autres. Puis on entre en relation.
Or, la TLMR propose une autre lecture : nous nous construisons dans et par la relation.
Comment naît la sécurité relationnelle
Le bébé apprend à se sentir en sécurité par les échanges avec ceux qui prennent soin de lui. À travers les interactions, il découvre son environnement. Progressivement, il construit sa manière d'être au monde.
En somme, la relation ne fait pas que participer à notre construction. Elle constitue le fondement de ce que nous devenons.
De plus, certains liens nous construisent tandis que d'autres nous enferment. C'est un point particulièrement important quand on parle de trauma.
L'EMDR : un protocole structuré
Francine Shapiro a développé l'EMDR autour d'un protocole structuré. Ce dernier comprend différentes phases et des stimulations bilatérales, notamment les mouvements oculaires.
Le travail se porte donc sur les souvenirs traumatiques et les réactions qui les accompagnent.
En particulier, l'EMDR possède une caractéristique importante : son protocole est formalisé. Cette structure donne un cadre précis au travail thérapeutique.
Pour autant, cette structure ne constitue pas un défaut. Dans certaines situations, une méthode organisée apporte justement un cadre sécurisant et lisible.
En revanche, une difficulté apparaît si l'on imagine qu'une seule technique doit convenir à toutes les personnes, à toutes les histoires et à toutes les situations.
La différence en une phrase
L'EMDR travaille principalement avec un protocole de retraitement des souvenirs traumatiques.
La TLMR, en revanche, s'intéresse au monde relationnel dans lequel la souffrance s'est construite et à ce qui peut se transformer dans la relation thérapeutique.
Évidemment, cette phrase simplifie des approches complexes. Elle permet néanmoins de saisir l'essentiel et d'éviter une confusion fréquente.
Ainsi, à la différence de l'EMDR, la TLMR ne se définit pas comme un protocole standardisé. Elle s'ajuste plutôt à la situation rencontrée et à la relation qui se construit pendant la séance.
Les principales différences entre les deux approches
| Aspect | TLMR | EMDR |
|---|---|---|
| Point de départ | Le lien, l'expérience vécue et les mondes relationnels | Le traitement des souvenirs et expériences traumatiques |
| Structure | Approche adaptable à la situation | Protocole structuré |
| Place de la relation | Centrale au processus | Importante, au service du processus thérapeutique |
| Place du corps | Importante dans l'expérience relationnelle | Présente à travers les réactions associées au trauma |
| Trauma complexe | Attention particulière aux dimensions relationnelles et développementales | Peut être utilisé avec adaptation clinique |
| Posture du thérapeute | Observation et ajustement à ce qui se passe | Conduite du protocole et accompagnement du processus |
Surtout, il serait dommage de transformer ce tableau en compétition. Une thérapie n'est pas un match avec un vainqueur et un perdant.
La question utile n'est donc pas : « Quelle méthode gagne ? »
Il vaut mieux demander : « De quoi cette personne a-t-elle besoin, et quelle approche répond à sa situation ? »
Pourquoi pas de protocole unique
Deux personnes peuvent présenter le même symptôme tout en vivant des réalités radicalement différentes.
Toutes les deux affirment : « Je fais des crises d'angoisse. »
Pourtant, derrière cette phrase se cachent peut-être deux histoires sans rien en commun.
Quand le même symptôme cache des problèmes différents
Chez l'une, les crises apparaissent après un événement précis.
Chez l'autre, en revanche, elles peuvent découler d'années d'insécurité, d'une relation particulière, d'un environnement familial ou professionnel, ou encore d'une manière devenue automatique de gérer la peur.
En résumé, le même symptôme peut cacher un problème très différent.
Dès lors, appliquer mécaniquement la même réponse n'a guère de sens.
La TLMR repose sur cette conviction : le travail thérapeutique s'adapte à la personne et à la relation qui se construit pendant la séance.
La relation thérapeutique n'est pas juste « le cadre »
Dans beaucoup d'approches, la relation thérapeutique joue un rôle important. Elle crée notamment les conditions nécessaires pour travailler en sécurité.
En TLMR, cependant, cette relation occupe une place centrale dans le processus.
Plutôt que d'appliquer une technique de façon automatique, le thérapeute observe ce qui se passe dans la séance.
Il observe ce qui se passe : ce que la personne ressent, les changements dans son corps, ce qui se produit dans l'échange, ce qui revient régulièrement, ce qui bloque, ce qui devient accessible.
Plus important encore, son attention se porte sur ce qui se passe entre les deux personnes. Cette observation nourrit ensuite les ajustements du travail.
La thérapie dépasse une simple discussion sur la vie. Elle constitue aussi une expérience relationnelle.
Ainsi, vivre une relation différente peut parfois ouvrir des possibilités jusque-là difficiles d'accès.
Le corps a aussi son mot à dire
Pourtant, nous aimons croire que nous sommes des êtres parfaitement rationnels.
C'est commode. Pourtant, c'est incomplet.
Par exemple, comprendre intellectuellement qu'on est en sécurité n'empêche pas toujours la peur de surgir.
De même, savoir qu'une relation est finie ne suffit pas forcément : le corps peut continuer à réagir comme si elle existait encore.
De la même façon, se répéter « Il n'y a plus de danger » ne règle pas tout.
Quand l'intellect et le corps se contredisent
Souvent, le corps semble donc ne pas avoir reçu le message que l'esprit énonce.
Pour cette raison, la TLMR accorde une place importante à cette dimension corporelle.
Les tensions, la respiration, les postures, les sensations et les changements qui surgissent pendant la relation thérapeutique deviennent des informations précieuses.
L'Institut Mimethys désigne cette approche par corporeité relationnelle et attention portée à l'intersubjectivité.
Trauma complexe : quand le problème ne tient pas dans un seul souvenir
C'est justement ici que la distinction devient particulièrement intéressante.
Un trauma peut naître d'un événement précis : un accident, une agression, un acte violent.
Toutefois, certaines personnes ont traversé des expériences répétées, prolongées ou développementales. Ces expériences peuvent alors façonner durablement leur manière d'être en relation.
Dès lors, la question change. Au lieu de chercher uniquement « Quel est le souvenir traumatique ? », on peut demander : « Dans quel monde cette personne a-t-elle appris à vivre ? »
Les mondes invisibles dans lesquels on apprend
Cet univers exigeait une méfiance constante.
Ou bien faire une erreur y avait des conséquences graves.
Anticiper les réactions des autres y était une nécessité.
Ses propres besoins y passaient systématiquement après ceux des autres.
Progressivement, ces règles deviennent tellement ordinaires qu'on ne les remarque même plus.
Au lieu de penser « J'ai appris à fonctionner comme ça », on en vient à croire : « Je suis comme ça. »
Cette distinction peut alors modifier profondément la manière de comprendre le problème.
Le trauma n'existe pas seulement en pensée
Quand le passé continue de réagir dans le présent
Pourtant, comprendre parfaitement ce qui s'est passé n'empêche pas les anciennes réactions de revenir.
De même, savoir qu'on n'est plus en danger ne supprime pas automatiquement l'angoisse qui surgit.
Enfin, reconnaître qu'on mérite le respect ne suffit pas toujours : on peut continuer à accepter ce qu'on refuserait pour quelqu'un qu'on aime.
Voilà pourquoi, dans une approche relationnelle, l'attention revient aussi vers ce qui se passe maintenant.
Observer le présent plutôt que le passé
Comment cette personne entre-t-elle en relation ? Quels moyens déploie-t-elle pour se protéger ? Que fait-elle quand quelqu'un s'approche ? Quelles stratégies emploie-t-elle pour gérer la peur ? Comment tente-t-elle de dominer les situations ?
Surtout, une question devient centrale : qu'est-ce qui entretient aujourd'hui ce qui a probablement aidé autrefois ?
Le piège classique : combattre encore et encore le problème
Quand vouloir contrôler renforce l'anxiété
Considérez une personne anxieuse.
La peur d'avoir une crise la pousse à surveiller son corps, son cœur, sa respiration. Elle scrute chaque signe.
À force de surveiller, elle détecte des sensations. Plus elle en remarque, plus elle s'inquiète. Logiquement, son anxiété s'aggrave.
Finalement, elle peut se dire : « Vous voyez ? J'avais raison de surveiller. »
Par conséquent, une tentative pourtant logique devient une partie du problème.
La systémique cible précisément ces boucles.
Elle ne demande pas seulement : « Pourquoi avez-vous ce problème ? »
Elle pose aussi : « Que faites-vous pour le résoudre… et que produit cette tentative ? »
L'hypnose ericksonienne dans la TLMR
Plusieurs influences ont modelé la TLMR : l'hypnose ericksonienne, les thérapies stratégiques, les mouvements alternatifs, les théories de l'attachement, l'intersubjectivité et l'approche relationnelle.
L'hypnose ericksonienne propose une autre façon de considérer les ressources de la personne.
Elle ne vise pas à prendre le contrôle. Au contraire, le message n'est pas « Dormez et je vais régler votre problème. »
En pratique, l'hypnose thérapeutique peut créer un état d'attention différent. Elle permet alors d'explorer certaines expériences, sensations, représentations et ressources.
Plus important encore, cette expérience peut aider à prendre de la distance avec le fonctionnement habituel.
Or, ce fonctionnement habituel est parfois devenu une partie du problème.
La TLMR ne cherche pas à « réparer » quelqu'un
Une personne n'est pas une machine à réparer
Quand quelqu'un souffre, on imagine vite : « Quelque chose ne marche pas. Il faut le réparer. »
La TLMR propose plutôt un autre regard : la personne n'est pas réduite à son symptôme.
Elle n'est pas « cassée » et n'a donc pas besoin d'être réparée comme une machine.
Elle a élaboré des stratégies qui avaient du sens autrefois : se méfier, éviter, contrôler, se faire discret, faire plaisir, anticiper, refuser sans culpabilité, exprimer la colère, risquer l'erreur.
À un certain moment, ces comportements ont pu aider la personne à s'adapter.
Quand l'adaptation devient un piège
Le problème surgit quand une stratégie utile dans un contexte devient gênante ailleurs.
Ce n'est pas forcément la personne qu'il faut transformer.
Souvent, c'est sa relation avec le monde qu'il faut remettre en mouvement.
Alors, TLMR ou EMDR ?
Le bon choix dépend de la situation
Honnêtement, cela dépend de la personne, de son histoire et de la situation.
Cette réponse est moins accrocheuse qu'une méthode miraculeuse. En revanche, elle est plus rigoureuse.
L'EMDR repose sur un protocole structuré et s'affirme comme une approche établie dans le psychotraumatisme.
La TLMR, en revanche, propose une approche relationnelle et expérientielle dépourvue de protocole standardisé. Elle place le lien, le corps, le contexte et les mondes relationnels au cœur du processus.
Dans certaines circonstances, un protocole structuré apporte un cadre utile.
À l'inverse, dans d'autres situations, une approche axée sur la relation et l'expérience peut prendre davantage de sens.
Dans certains parcours, les deux approches peuvent aussi être envisagées de façon complémentaire, selon le cadre et les compétences du professionnel.
Le choix doit d'abord s'orienter vers la personne, son histoire, sa situation et la compétence du professionnel qui l'accompagne.
Une approche centrée sur le lien à Saverne
Comprendre avant d'intervenir
L'accompagnement proposé combine l'hypnose ericksonienne, l'approche systémique et la TLMR dans une démarche intégrative.
Il ne s'agit pas de sortir une technique différente à chaque problème. D'abord, il faut comprendre ce qui se passe.
On cherche comment le problème fonctionne et quand il s'est installé. On observe aussi les efforts déployés pour le résoudre. Enfin, on regarde ce qui se joue dans le rapport à soi, aux autres et à l'environnement.
Ensuite, on cherche ensemble où placer du mouvement. Ainsi, l'objectif n'est pas de forcer le changement, mais de créer les conditions pour qu'il devienne possible.
La TLMR se conçoit comme une approche où la relation thérapeutique crée un espace fondamental de transformation.
Une thérapie ne devrait pas vous apprendre à devenir quelqu'un d'autre
Nul besoin, surtout, de devenir une personne radicalement différente.
Il n'y a aucune obligation de devenir calme en permanence, confiant à toute heure, positif tout le temps ou parfaitement zen.
Au contraire, le changement thérapeutique peut rester beaucoup plus simple.
Par exemple, il peut s'agir de ressentir sans être submergé.
Il peut aussi s'agir de dire non sans culpabilité prolongée.
Ou encore de faire une erreur sans imaginer l'effondrement du monde.
Progressivement, il devient possible de se rapprocher sans perdre sa propre place.
Enfin, revisiter le passé peut devenir possible sans être forcé de le revivre à chaque fois qu'il revient en mémoire.
Ce n'est donc pas devenir quelqu'un d'autre.
C'est plutôt gagner davantage de liberté dans sa manière d'être soi-même.
Questions fréquentes sur la TLMR et l'EMDR
La TLMR est-elle meilleure que l'EMDR ?
Non. Ce sont deux approches différentes. L'EMDR repose sur un protocole structuré de prise en charge du psychotraumatisme. La TLMR est une approche relationnelle et expérientielle qui ne se définit pas comme un protocole standardisé. La question pertinente est moins « laquelle est la meilleure ? » que « laquelle convient à cette situation et à cette personne ? ».
Peut-on combiner TLMR et EMDR ?
Les deux approches reposent sur des cadres différents. Par conséquent, une éventuelle combinaison dépend de la formation du praticien, de sa pratique et de la situation de la personne. Il est donc utile de demander clairement quelles approches le professionnel pratique réellement et dans quel cadre.
La TLMR est-elle uniquement pour les traumatismes ?
Non. La TLMR a notamment été développée dans le champ des situations complexes et traumatiques. Toutefois, son approche relationnelle peut être mobilisée face à différentes problématiques de souffrance. Elle ne constitue pas pour autant une réponse universelle à tous les problèmes psychologiques.
Combien de séances faut-il pour une thérapie en TLMR ?
Il n'existe pas de nombre de séances universel. En effet, la durée dépend de la problématique, de l'histoire de la personne, de ses objectifs et de l'évolution du travail thérapeutique. Une thérapie n'est donc pas un abonnement avec un nombre fixe de séances incluses.
Comment savoir si une approche thérapeutique me convient ?
Commencez par parler de votre situation au professionnel. Ensuite, demandez-lui comment il travaille et quelle est sa formation. Vous pouvez également lui demander comment il comprend votre problème. Surtout, vérifiez si vous vous sentez suffisamment en sécurité pour travailler avec lui. Une bonne méthode sur le papier ne remplace jamais une relation thérapeutique adaptée.
L'EMDR et la TLMR ne sont pas deux équipes qui s'affrontent pour remporter la coupe du monde de la psychothérapie. Cette comparaison peut faire sourire, mais elle rappelle surtout une chose : le choix d'une approche ne devrait pas devenir une guerre de méthodes.
L'EMDR s'appuie sur un protocole structuré de retraitement des expériences traumatiques.
La TLMR s'inscrit dans une approche relationnelle, expérientielle et systémique, centrée sur le lien, le corps et les mondes relationnels.
En définitive, l'une n'annule pas l'autre. Surtout, aucune méthode ne devrait être présentée comme une solution magique.
Après tout, une personne n'est pas un symptôme.
Elle est une histoire, un corps, des relations, des apprentissages et des stratégies. Elle possède aussi un ensemble de possibilités qu'elle n'a peut-être pas encore pu explorer.
C'est précisément là que commence le véritable travail thérapeutique.
Un accompagnement en TLMR, hypnose et approche systémique à Saverne
Vous cherchez une approche qui travaille avec votre relation au monde plutôt que contre vous. Découvrez comment la TLMR et l'hypnose systémique peuvent transformer votre situation.
Prendre rendez-vousSébastien Scheidt
Psycho-praticien systémique • Hypnothérapeute
Diplômé de l'Institut Gregory Bateson (IGB)
Coaching Inside
26 rue du Général Leclerc, 67700 Saverne (Bas-Rhin)
06 50 77 91 19
Zone de consultation : Saverne et 30 km autour (Wasselonne, Molsheim, Sarrebourg, Phalsbourg, Ingwiller, Bouxwiller...)
L'accompagnement thérapeutique ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique. En fonction de la situation, une orientation ou une prise en charge pluridisciplinaire peut être indiquée.