Eviter ou traiter le burn-out

Qu’est-ce que le burn-out ou l’épuisement professionnel ?

A ce jour l’Organisation Mondiale de la Santé ne le considère pas comme une maladie.
C’est un phénomène lié au travail ou « Un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec «succès» et qui se caractérise par trois éléments :

  • un sentiment d’épuisement
  • du cynisme ou des sentiments négativistes liés à son travail
  • une efficacité professionnelle réduite.

Le burn-out fait parti des risques psychosociaux.

 

Quels sont les risques psychosociaux ?

 D’après le site de l’Institut National de Recherche et Sécurité( INRS ) « les risques psychosociaux (RPS) correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non :
•    du stress : déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
•    des violences internes commises au sein de l’entreprise par des salariés : harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés entre des personnes ou entre des équipes
•    des violences externes commises sur des salariés par des personnes externes à l’entreprise (insultes, menaces, agressions…). »

Le burn-out étant une des résultantes de ces risques, mais il y a aussi le Stress post-traumatique en cas de harcèlement ou le bore-out (ennui profond) en cas de mise à l’écart dans l’organisation. Le bore-out peut aussi survenir quand le travail qu’on effectue perd son sens.

Quelles sont les maladies psychiques reconnues ?

 Les conséquences de ce stress continu peuvent se traduire sous forme de dépression, d’anxiété généralisée, d’épuisement professionnel ou d’un stress post-traumatique. Ces maladies peuvent être reconnues comme maladie du travail. Il peut arriver que ces quatre facteurs soient combinés.

Quels sont les symptômes du burn-out ?

Il y a d’abord les symptômes psychiques tels que l’épuisement émotionnel et l’Instabilité émotionnelle. Il y a aussi l’irritabilité et l’agressivité dues à la colère de ne plus pouvoir contrôler. Mais il peut aussi y avoir l’incertitude, qui peut se transformer en anxiété voir en panique à cause de la peur l’avenir, de pas être à la hauteur. Et enfin la dépression et la démotivation.

 Puis il y a les symptômes physiques comme une fatigue chronique due à une incapacité de se reposer et de récupérer à cause de troubles du sommeil. Puis il y ce que l’on appel les symptômes végétatifs comme les troubles digestifs, les maux multiples de ventre, de dos, de nuque, de dents, de tête. Puis une vulnérabilité accrue aux infections occasionnant des arrêts de travail accrus.

Enfin il y les symptômes cognitifs comme les troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire. L’incertitude entraine de l’indécision et la flexibilité intellectuelle est réduite. Tout cela entrainant une inefficacité au travail. Et la personne entre dans un cercle vicieux.

Quels sont les signes annonciateurs du burn-out ?

Il y d’abord la période de surchauffe. Cela commence par une surcharge de travail due à une baisse d’effectifs, de moyens, de temps. Le soir on est soucieux même à la maison à propos du travail. Puis on dort mal. Si on en parle à la hiérarchie on s’entend dire de hiérarchiser ses tâches, que c’est temporaire et qu’il faut s’accrocher. On a peur de ne pas y arriver et de perdre son travail.

Puis on rentre en état de stress chronique. La capacité de concentration est saturée. On entre dans un cercle vicieux car il faut plus de temps pour faire, donc moins de temps pour se reposer. On est sujet au mal de nuque ou de crâne. On est une boule de muscle et les yeux font mal. On est irritable car tout le monde bloque l’avancement du travail.

Puis c’est l’engrenage. On est victime d’insomnie, de ruminations, de doutes, d’oublis et de peurs. On n’arrive plus à lutter contre le très très urgent. On est constamment parasité par la messagerie, le téléphone, le Smartphone. Hors en temps normal il faut 10 minutes pour se re-concentrer après une interruption. On se sent épuisé mais on travaille de manière compulsive.

Arrive la phase de désocialisation. Plus aucun café à la machine avec les collègues. On s’isole, car plus de temps à perdre, fini la pause de midi. On est seul avec son problème. On se renferme même avec la famille. On travaille le week-end et on se connecte même pendant les vacances. Il n’y a plus aucune envie et la libido est en berne.

Puis arrivent les troubles et les lésions : Torticolis, lumbagos, névralgies cervico-brachiales, palpitations, malaises, vertiges. Mais aussi la boule au ventre avant d’aller au travail, voir des vomissements. On est victime sans arrêt de rhumes ou d’eczéma. On se dope aux médicaments voir au drogues ou à l’alcool. On s’adonne aux compulsions alimentaires et sa consommation de cigarette explose pour pouvoir tenir le coup.
C’est enfin le moment de la désillusion et le cynisme s’installe. Et un jour c’est l’effondrement. Viennent les pensées suicidaires et une distanciation.

La dépression ou les crises d’anxiété empêchent d’aller au travail. Pour certains c’est la fin de l’existence.

Est-ce que tout le monde peut faire un burn-out ?

En France une personne sur cinq se dit épuisée après une journée de travail
En France, 45 % des actifs occupés déclarent devoir (toujours, souvent) se dépêcher
3,2 millions d’actifs sont susceptibles de connaître le symptôme d’épuisement professionnel.

Quels sont les profils de personnalité plus susceptibles de connaître un ou plusieurs épisodes de burn-out durant leur carrière ?

L’image de soi est souvent très importante pour ces personnes. Elles ont une grande ambition professionnelle et sont perfectionnistes. Elles ont tendance à faire passer les besoins des autres avant les leurs. Elles se doivent de respecter les règles, les procédures. Ce sont des employés sentinelle, souvent bons élèves. Elles sont investies d’une mission et sont souvent gouvernées par la peur.
 
Ces personnes n’osent pas dire non. Elles évitent de prendre en compte les signaux envoyés par le corps comme les émotions, ou la douleur. Elles ignorent aussi les signaux envoyés par le contexte de travail tel que les sous-effectifs dus à l’absentéisme, les comportements hostiles et abusifs. Elles ne mettent ni de limites aux demandes des autres autre, ni à leurs horaires. Ce s personnes déclarent devoir cacher leurs émotions, faire semblant d’être de bonne humeur.
Le perfectionnisme les amène à contrôler sans cesse leur travail et les empêche de déléguer à quelqu’un d’autre de peur que le travail soit mal exécuté. Elles peuvent ainsi couvrir l’incompétence de certains de leurs collègues, chefs, ou subordonnés.
Ces personnes ont des croyances très rigides. Il faut être fort, ce sont les faibles qui craquent. Elles sont ce qu’elles font et croient qu’on les aime pour ce qu’elles font. Elles n’existent que par leur travail. Elles pensent que leur comportement est le plus juste et que c’est aux autres de s’adapter.

Toujours plus haut

Ces personnes vont chercher continuellement à donner le meilleur de soi-même. Elles ont des attentes personnelles élevées et la  quête de la performance devient pathologique. L’obsession de la perfection prend le dessus sur le plaisir de la réalisation. Et il n’y a plus  aucune limite à l’énergie dépensée et  le temps manque. Ce qui les motive c’est une quête de reconnaissance.

Toutes les règles et croyances les amènent à se mettre la pression et finissent par craquer.

Qu’est-ce que le burn-out familial ?

Une nouvelle forme d’épuisement touche plus particulièrement les femmes mais aussi de plus en plus les hommes. En plus du travail ces personnes doivent gérer le ménage, les enfants ou une autre activité qui produit ce que l’on appel la charge mentale. D’après Wikipédia : « Chez une femme en couple qui travaille, son esprit demeure préoccupé par les tâches ménagères et la gestion du foyer, charge cognitive importante, constituant l’articulation de la « double journée » que mène celle-ci. Elle met ainsi en avant le fait que, la double charge « travail + foyer » ne se limite pas à une simple addition des contraintes, mais qu’elle emmène au travail une partie des tâches à gérer pour le foyer».

Comment savoir si mon contexte de travail constitue un facteur de risque psycho-social ?

Le contexte général de l’entreprise et la recherche incessante de performance a amener les entreprises à individualiser les performances. Ce qui a pour conséquence de mettre les salariés en concurrence. L’appréciation des performances vont au-delà du champ professionnel et sanctionnent des qualités personnelles (enthousiasme, confiance, …).

Ces entreprises réforment sans arrêt leurs processus internes et les manager changent d’affectation sans arrêt. Ce qui amène les salariés à se remettre en question continuellement. Tout est fait pour que le savoir faire se perde et il faut refaire sans cesse ses preuves. Les manager ne sont plus là pour guider l’exécution et la qualité du travail, ils sont là pour évaluer la performance.Il y aussi le travail mal planifié et le tout à la dernière minute. Le manque de cohérence dans l’attribution des tâches.
Enfin la technologie entraine une instantanéité. Chaque mail doit être traité dans un temps de plus en plus court, chaque appel doit être répondu. Or il faut une dizaine de minute pour que le cerveau reprenne le fil de l’activité précédente après une distraction. Tout concours à l’épuisement.

Quelles sont les conséquences de l’évolution du travail ?

La distance s’annule entre le rôle qu’on peut tenir au travail et le rôle humain. Avant on pouvais dire qu’on n’était pas qualifié ou compétent pour tel ou tel type de mission. Le discours actuel est : « je ne suis pas à la hauteur ».

On ne soumet plus un travail à l’évaluation mais toute un personne et la pression est telle que pour tenir on recourt aux expédients : drogue, alcool, nourriture en excès, cigarette…

On ramène ses problèmes à la maison, ce qui entraine des disputes. On en arrive à divorcer à cause de cette pression.

Le suicide devient une issue possible, et certains passent à l’acte.

Quelle type de thérapie pour le burn-out ?

 Amener une personne rongée par l’incertitude à faire une introspection peut être contre-productif. De même amener à chercher dans son passé la cause de son mal-être n’est guère plus utile.
 
Il  peut être utile de soulager le stress qui est un signal d’alarme mais il faut en temps renoncer aux croyances qui nous conduisent dans l’abime. Souvent une personne en état d’épuisement veux se libérer du stress pour faire toujours plus de la même chose. C’est pour cela que les méthodes prônant la relaxation avant tout, sont inopérantes face à un burn-out, car elles agissent comme un pansement sur une jambe de bois.
 
L’hypnose peut -être utile pour réduire le stress temporairement de manière à ce que la personne prenne du recul pour entammer les actions nécessaires et effectuer un travail thérapeutique.
 
Les thérapies centrée sur le présent sont les plus efficaces. Il y les thérapie comportementales et cognitive et l’approche de Palo Alto dite aussi Thérapie brève systémique.

 

L’approche de Palo Alto à pour but d’aider la personne à comprendre comment le piège du perfectionnisme l’enferme dans une logique d’épuisement. La thérapie systémique s’attache à comprendre comment les systèmes fonctionnent, que ce soit une organisation, un groupe ou un individu. En décodant les interactions ou les échanges dans le cadre de relations, il est possible de mettre en place de nouvelles stratégies pour gérer le travail au quotidien, si l’environnement le permet.

Comment prévenir un burn-out et relâcher la pression?

La première étape et de prendre conscience des pièges de ses exigences. La deuxième et de commencer à vouloir tendre vers l’imperfection. Ensuite il faut déterminer quels sont les vrais objectifs de vie. Peu de personnes ont regretté de n’avoir pas travaillé plus sur leur lit de mort.

Ensuite il s’agit de devenir vraiment soi-même et d’admettre qu’on peu aussi vivre pour le plaisir et pas seulement pour la réussite.

Que faire après un burn-out ?

Le chemin pour réintégrer la vie professionnelle après un burn-out peut-être long. Nombreux sont ceux qui font une rechute parce qu’ils ne sont pas donné le temps de la convalescence et se sont relancé tête baissé dans le travail, n’ayant rien changé dans  leur vision du travail. Suivre un traitement médicamenteux pour surmonter une dépression, un état anxieux ou un stress-post-traumatique peut-être utile mais souvent insuffisant. Des études ont montré qu’un travail psychothérapeutique permet aussi de réduire de moitié les chances de rechutes.
 
Sources : Dossier INRS les risques pyschosociaux
Relâcher la pression – Frédéric Fanget – 14 décembre 2016 – CERVEAU & PSYCHO N° 84
Le burn-out pour les nuls –  Marie Pezé – Editions First
Wikipédia